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NAMIKI

 Rare et précieux, le stylo Namiki s’est imposé comme une référence reconnue par les collectionneurs du monde entier.

Tokyo – 1915 : Ryosuke Namiki brillant ingénieur de l’Ecole Navale et enseignant, associé à un autre « ancien » de l’école Navale, Masao Wada, créé la Namiki Manufaturing Company. L’idée fondatrice est d’adapter les stylo-plumes modernes au marché japonais et ce par l’utilisation, à l’instar de ce que faisaient les anglais, d’iridium soudé à la pointe des plumes. Les premières stylos Namiki sont commercialisés dès 1916, Namaki réalisant l’intégralité de ses instruments d’écriture, structure, décor et plume, mais la vraie révolution technique, qui ne verra le jour que quelques années plus tard, est l’utilisation de la laque de Chine pour « habiller » et magnifier chaque stylo.


Les corps et capuchons des instruments d’écriture haut de gamme de l’époque sont, en effet, constitués d’ébonite, matériau à base de  caoutchouc et de souffre. Les premiers stylos plume Namiki n’échappent pas à la règle. Pourtant, très sensible à l’hygrométrie, ce matériau perd rapidement de son éclat et de sa solidité, ce qui s’avère problématique dans un pays ou l’humidité marine et climatique est un phénomène courant … Or, la laque de Chine, utilisée depuis des millénaires dans la confection de petits objets, possède, justement, cette capacité à résister à l’humidité.


L’Urushi, laque issue d’un petit arbuste - le Rhus Vernicifera - Ryosuke Namiki eut l’idée de génie d’en revêtir l’ébonite de ses stylos ; il en dépose le brevet le 1925 sous le nom de Laccanite.


Namiki n’a depuis jamais utilisé que la plus haute qualité de laque, celle d’arbres arrivés à maturité (10 ans) dont on entaille le tronc pour en recueillir, en une seule et unique fois, la précieuse essence – 3 ou 4 cuillères à café – et que l’on abat aussitôt pour les remplacer par de jeunes pousses. S’ensuivent de complexes procédés de filtrage et de purification de la matière jusqu’à obtenir une pâte ambrée, couleur miel d’acacia. Curieusement, ce ne fut qu’à la fin du XIXéme siècle que les progrès de la science mirent en évidence la présence d’un enzyme dans la laque, enzyme qui en catalysant la durcit et la rend imperméable. L’autre apport de la science fut d’ouvrir la palette de la polychromie. En effet, jusqu’alors, tout contact avec un pigment sensé la teindre faisait virer la laque au noir profond, ce « noir de laque » si caractéristique. De fait, seul le cinabre, sulfure de mercure, permettait d’obtenir une couleur, l’autre emblème de l’art du laque : le rouge vermillon.


Mais Ryosuke Namiki ne se contente pas alors d’habiller ses stylos plume de laques unies ; puisant aux sources de l’héritage du Maki-é, l’art du laque, il adapte des techniques de décoration complexes alliant matériaux précieux et réalisations virtuoses : feuilles d’or (Hyoumon), nacre d’ormeau (Raden), coquille d’œuf (Rankaku) se mêlent aux décors, s’entrecroisent et se juxtaposent dans une multiplication des couches de laque … jusqu’à plus de cent ! La fabrication de chaque stylo est alors unique, sans aucun processus industriel possible … et donc inimitable.


De leur rencontre avec Shisui Rokkaku, professeur au département de la laque à l’Ecole des beaux arts de Tokyo à la création d’un atelier de laque sous la direction de Gonroku Matsuda, figure majeure de l’art du laque moderne, Namiki et Wada n’ont de cesse d’améliorer et d’enrichir leur collection de pièce rares ; les deux associés parcourent le monde et collaborent avec les plus grands : Cartier, Asprey, Tiffany … si bien que les stylos Namiki ont pu porter des noms « composés » ou de circonstances : Pilot, Asprey Namiki, Cartier Namiki mais surtout Dunhill Namiki, un accord exclusif étant conclu en 1930 avec la célèbre maison londonienne.


Reconnue par les plus grands autant que prisée par les collectionneurs de stylos rare et précieux, le stylo Namiki s’est imposée au fil du temps comme une marque rare, celle des amoureux des stylos d’exception et ce, sans jamais renier ses racines et sa culture.

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